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Portrait

Entretien avec Régis Caillat-Grenier, Directeur général de l’agence Jake

Mardi, 20 Novembre, 2018 - 12:45

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RGPD : Diagnostics de conformité et nouvelles opportunités dans l’univers de la santé

Regis Caillat-Grenier, Directeur général de l'agence JakeLe nouveau règlement général sur la protection des données (RGPD) qui s’impose à tous depuis plus de six mois, est-il un frein ou un tremplin dans l’univers de la santé ?

Spécialiste en communication digitale, Régis Caillat-Grenier, Directeur général de l’agence Jake pointe du doigt l’importance des mises en conformité et dévoile les bénéfices de ces règles du jeu qu’il estime structurantes pour le secteur. Une petite révolution qui fait naitre de nouveaux réflexes dans la conception et le suivi de solutions digitales qui accélèrent et facilitent, la formation, la communication et les parcours de soins.

Quels sont les premiers réflexes à acquérir ?

— Régis Caillat-Grenier : « Le renforcement de la protection des données personnelles (RGPD) était annoncé. C’est aujourd’hui chose faite et les campagnes dans le secteur de la santé sont clairement impactées par cette nouvelle réglementation. Dans notre secteur où les données sont particulièrement sensibles, le RGPD impose aux acteurs de nouveaux process. La maîtrise parfaite de ces nouvelles règles est de rigueur. De lourdes amendes allant jusqu’à 4 % du CA mondial pèsent sur les entreprises qui ne seraient pas en conformité avec la RGPD. Ceci invite à redoubler de précautions. Le moindre formulaire de contact sur un site internet mérite la plus grande attention. Les internautes doivent désormais être avertis des coockies présents sur les sites et leur accord est requis de façon systématique préalablement à toute diffusion d’information. La procédure à suivre pour la rectification ou la suppression des données les concernant doit être plus lisible. On parle aujourd’hui de droit à l’oubli. C’est une petite révolution dans l’univers du numérique. Il convient d’intégrer ce nouveau degré de transparence qui me semble conforme aux attentes en particulier, dans l’univers de la santé. C’est donc un nouveau regard à porter sur l’ensemble des outils numériques et nous alertons nos clients sur les justes mises à jour urgentes à réaliser. »

Comment envisager une conformité plus globale ?

— R C-G : « Nous accompagnons nos clients en les conseillant très en amont dès la conception d’un projet. Notre intervention passe aussi par la formation des équipes internes pour mettre en place une veille et une mise en conformité globale à tous les niveaux, chez nos clients. On parle alors du concept de “Privacy by Design” qui a pour objectif de garantir et d’intégrer dès les premières phases de réflexion, la protection de la vie privée dans toutes les nouvelles applications. Des précautions qui vont jusqu’au “Privacy by Default”, visant à garantir, par défaut, le plus haut niveau possible de protection des données, et ce de manière continue. L’anticipation est donc le maître mot ! Une importance toute particulière doit être apportée à toutes manipulations des données de santé. C’est bien dans ce secteur que le niveau de sécurité doit être le plus élevé. »

Cette nouvelle réglementation vous semble-t-elle aujourd’hui un frein ou un tremplin ?

— R C-G : « La mise en place de ce cadre juridique plus précis doit restaurer la confiance de manière durable dans les échanges d’informations. Il s’agit de respecter des droits fondamentaux là où cela était devenu au fil du temps un peu l’anarchie, même si le secteur de la santé a je pense été particulièrement exemplaire dans ce genre de conduite. Il y a un cadre, qui va encore très probablement évoluer. Nous sommes au début de cette nouvelle ère RGPD dont le premier cadre qui s’impose à tous est national, sans trop de distinction. Cette approche globale peut dans un premier temps rendre les choses un peu complexes, mais nous avions besoin de ce cadre juridique qui me semble aller dans le bon sens malgré tout. Ce cadre légal donne un sens à ces pratiques et ces précautions peuvent je pense uniformiser les bonnes pratiques qui étaient déjà mises en œuvre. »

Ces règles ouvrent-elles aussi de nouvelles perspectives ?

— R C-G : « Aujourd’hui, il y a une nouvelle génération de produits qui arrive sur le marché et ce nouveau cadre réglementaire devrait finalement ouvrir de nouvelles possibilités. Chez Jake, nous développons désormais des applications thérapeutiques qui deviennent des dispositifs médicaux à part entière. D’autres applications vont pouvoir fluidifier le parcours patient, en libérant les échanges d’information entre les patients et les professionnels. Le flou réglementaire ne nous permettait pas d’avancer dans ce domaine. Les règles désormais mieux établies nous offrent une meilleure visibilité et vont à mon sens aussi faciliter les échanges et libérer les initiatives. Nous développons déjà des applications qui vont faciliter la prise de rendez-vous à l’hôpital, envoyer des examens biologiques aux médecins spécialistes pour motiver l’opportunité d’un rendez-vous, permettant ensuite recevoir plus rapidement une confirmation sans se déplacer. Tout cela va dans le bon sens pour accélérer les justes prises en charge. »

Établissez-vous un lien entre RGPD et DMP ?

— R C-G : « L’outil digital est incontournable pour y parvenir. Le calendrier réglementaire n’est pas anodin comme le confirme ce nouveau coup d’accélérateur de la Cnam sur l’ouverture du DMP. En coulisse, il reste pourtant des résistances à vaincre et de nouveaux dispositifs à mettre en place pour nourrir ces dossiers en informations. À notre niveau, nous veillons à utiliser les technologies pour augmenter les chances d’être DMP compatible, mais l’interfaçage de toutes les solutions existantes reste un chantier immense. Dans la constellation d’outils déjà disponibles, les premiers DMP compatibles sont tout de même les plus fermés qui ne permettent pas forcément de diffuser de l’information. Cela reste complexe. Techniquement tout est faisable, mais nous avons encore besoin de recul pour bien comprendre les interfaces qui pourront finalement voir le jour. »

Propos recueillis par LM

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