Après une période de 10 ans de pleine croissance, le marché pharmaceutique accuse depuis 2007 une forte baisse de ses effectifs. Visite médicale, fonctions commerciales comptent parmi les métiers les plus touchés. Paradoxalement, le secteur recrute dans certaines branches telles que la recherche et développement (R&D) et la production, mais il manque de candidats ou de profils adéquats. De belles opportunités de carrières sont ouvertes pour les professionnels de santé.

État des lieux

« Nous avons franchi négativement la barre fatidique des 100 000 emplois » déclarait Patrick Errard, président du Leem (fédération des industries du médicament) à la fin de l’année 2013.

Avec 98 800 salariés, l’industrie pharmaceutique est de nouveau en baisse de 2,1 % cette année et cela concerne tous les métiers : - 2,9 % en R&D, - 1,1 % dans la production, - 1,8 % dans la commercialisation et - 4,4 % dans les fonctions support et administration.

De nombreuses restructurations (plans sociaux, créations de nouvelles activités, notamment dans les nanotechnologies…) ont été effectuées depuis 2008 et les conséquences sur l’emploi sont particulièrement visibles sur les effectifs de 2011 à 2013. Si le secteur a accusé une baisse de 1,9 % soit environ une perte de 2 000 emplois, il continue néanmoins à recruter pour combler les départs à la retraite compensés par l’émergence de nouveaux métiers. Mais à quel prix ? Taxation (le CIR avec sa nouvelle assiette de calcul) et complexité réglementaire sont des freins à la recherche et à l’emploi, même si la publication du règlement européen sur la recherche clinique doit redoper le moral français.

Même en temps de crise, le secteur de l’industrie pharmaceutique manque de bras et de bons profils dans certains métiers.

D’après le barème emploi du Leem 2013 : d’ici à 2020, 14 % des effectifs vont partir à la retraite. Soit 14 500 postes manquants auxquels s’ajoutent 23 800 postes (22,9 %) liés au turn-over.

Chiffres clés

- La France est le 1er producteur de médicaments de l’Union européenne.

- 50 milliards de chiffre d’affaires pour le médicament dont 45 % à l’export.

- 300 entreprises.

- 98 800 salariés en 2013 dont 21 000 dans les centres de recherche et développement, soit 13,5 % des effectifs.

- 41,7 % en production.

- 28,2 % en commercialisation diffusion.

- 16,6 % des emplois dans l’administration d’entreprise.

- 10 000 embauches par an en moyenne (7 500 en 2013).

- 81 % des postes se concentrent autour de 9 bassins d’emplois.

Source : www.leem.org

Les métiers qui recrutent

La R&D et la production sont les premiers secteurs qui recrutent mais ils peinent à trouver des candidats avec des diplômes de médecins et de pharmaciens.

Les profils, même juniors, sont très prisés par le secteur qui n’hésite pas à miser sur le bon candidat en lui offrant, dès son entrée en poste, un panel de formations pour compléter ses compétences et acquérir rapidement une réelle expérience. Tous les consultants en recrutement conseillent de préparer un double cursus, aussi bien aux pharmaciens qu’aux médecins, et privilégient d’ailleurs les doubles casquettes. Marketing, communication, droit, statistiques, développement clinique.

La liste des diplômes interuniversitaires n’est pas exhaustive et ils permettent d’ouvrir plus favorablement les portes de certains métiers : les chargés des affaires médicales (responsable médical, responsable scientifique…) apprécient les professionnels de santé aguerris au marketing, les postes en pharmacovigilance ou dans les affaires réglementaires apprécient les juristes, quant à la recherche clinique, elle offre des missions très différentes comme chargé d’essai clinique, rédacteur médical, expert en développement clinique.

Formations aux métiers de l’industrie pharmaceutique : un professionnel de santé en vaut deux

Indubitablement, que ce soit dans le secteur de la Recherche & Développement, de la production ou de la commercialisation, les diplômes de docteur en médecine et de docteur en pharmacie, même s’ils sont suivis de près par les ingénieurs et les meilleures écoles de commerce, restent très prisés car trop rares. Médecins et pharmaciens sont encore trop peu informés ou sensibilisés aux opportunités offertes dans l’industrie, que ce soit en début de carrière ou plus tardivement.

Plus de 2 000 diplômes universitaires sont dispensés dans les facultés de médecine en France… Encore faut-il faire le bon choix et, pour ce faire, se renseigner auprès des employeurs, des anciens élèves, des recruteurs, car pas moins de 50 métiers sont répertoriés dans l’Observatoire des métiers du secteur. Les réseaux sociaux apportent là tous leurs atouts car ce sont de remarquables baromètres des tendances du moment.

En ce qui concerne les carrières pharmaceutiques, aujourd’hui les recruteurs plébiscitent les médecins et les pharmaciens, les doubles formations juridiques (droit de la santé publique et responsabilité médicale…), économique ou commerciale. Sans aller jusqu’à passer par l’ENA ou Polytechnique, de nombreux cursus concentrés dans le temps permettent d’élargir son champ de compétence.

En ce qui concerne la Recherche & Développement, les cabinets de recrutement spécialisés préconisent les formations suivantes : le DIU CLIM (diplôme inter-universitaire de développement clinique du médicament) délivré par l’université Claude-Bernard Lyon 1, le DIU FIEC (diplôme interuniversitaire de Formation des investigateurs aux essais cliniques) de la faculté Lariboisière-Saint-Louis à Paris VII, ou encore le DIU CESAM (Certificat d’études statistiques appliquées à la médecine), option statistique appliquée aux essais cliniques dispensé par l’université Pierre et Marie Curie de Paris VI.

Après une croissance fulgurante de ses effectifs jusqu’en 2007, l’industrie pharmaceutique a licencié à tour de bras… Aujourd’hui, l’emploi dans ce secteur repart, porté par les mutations, tant technologiques qu’économiques ou réglementaires. Pas moins de 103 métiers sont recensés dans le répertoire des métiers des entreprises du médicament.

De belles opportunités de carrières s’offrent aussi bien à des professionnels de santé hautement qualifiés qu’à des candidats venus d’horizons variés et pas forcément qualifiés.

Si la barre fatidique des 100 000 emplois dans l’industrie pharmaceutique avait été franchie négativement en 2013, elle est repassée en positif en 2015. Ce chiffre n’englobe que le périmètre du médicament à usage humain représenté par le Leem.

Si l’on ajoute la pharmacie vétérinaire, le dispositif médical, la chimie fine et la distribution, ce sont plus de 300 000 acteurs qui travaillent dans le secteur de l’industrie pharmaceutique. Dans certaines branches, comme la visite médicale ou la R&D, de larges coupes ont été effectuées dans les effectifs. Pour autant, la filière recrute de nouveau pour faire face aux prochains départs à la retraite de nombreux salariés. De nouveaux métiers émergent notamment dans le secteur de la qualité et de la sécurité et les hautes technologies. La tendance du marché est au recrutement d’effectifs moins nombreux mais de plus en plus qualifiés pour s’adapter aux nouvelles mutations de la filière industrie. Des postes dans la production, la maintenance et la manipulation en laboratoire sont accessibles avec un CAP ou un bac pro.

Belles perspectives pour les jeunes diplômés

Quelque 103 métiers sont répertoriés et mis à jour chaque année par l’Observatoire des métiers des entreprises du médicament. Cet outil incontournable permet de prendre le pouls des métiers de la branche et de s’informer sur les formations requises pour orienter un projet professionnel. Il est accessible sur le site www.leem.org.

Les moins de 26 ans représentent 17,8 % des recrutements. Chaque année, près de 1 700 jeunes sont recrutés en contrat d’alternance et 7 500 stagiaires, en moyenne, participent au travail des équipes.

« Le secteur du médicament se caractérise par une mixité relative (57,1 % de femmes et 42,9 % d’hommes), un niveau de qualification élevé (46 % de « cadres » et près de la moitié des salariés ont un niveau de formation égal ou supérieur à bac +2) », précise le Leem.

Après une croissance fulgurante de ses effectifs jusqu’en 2007, l’industrie pharmaceutique a licencié à tour de bras… Aujourd’hui, l’emploi dans ce secteur repart, porté par les mutations, tant technologiques qu’économiques ou réglementaires. Pas moins de 103 métiers sont recensés dans le répertoire des métiers des entreprises du médicament. De belles opportunités de carrières s’offrent aussi bien à des professionnels de santé hautement qualifiés qu’à des candidats venus d’horizons variés et pas forcément qualifiés.

En berne depuis ces sept dernières années, la situation de l’emploi se redresse enfin dans l’industrie pharmaceutique. Au fil des restructurations, liées aux fusions et acquisitions d’entreprises, 26 plans de sauvegarde de l’emploi ont été enregistrés en 2016. Pourtant, ce secteur joue encore un rôle moteur dans l’industrie française, rassemblant 3 % des emplois industriels, parmi lesquels 90 % de CDI. Des emplois qui se féminisent et dont le niveau de qualification ne cesse de progresser dans toutes les familles de métiers.

Vers une nouvelle stabilité

■ 98 690 salariés en 2015

■ Diminution des effectifs limitée à 0,1 %

■ 5 000 contrats de génération à signer d’ici 2022

■ + 30 % des recrutements des moins de 30 ans d’ici 3 ans

Après une baisse constante de ses effectifs depuis 2010, la trajectoire de l’emploi se stabilise enfin dans l’industrie pharmaceutique. Un contexte bien plus favorable que dans l’ensemble de l’industrie manufacturière. En effet, le recul observé dans le secteur pharmaceutique se limite à une baisse de 0,1 % par rapport à 2014. Cette érosion modérée des effectifs est en partie liée aux mesures d’anticipation, d’accompagnement et de transformation des métiers prises dans ce secteur.

Un turn-over sans précédent en 2015

Les effectifs diminuent dans la moitié des entreprises, notamment dans les groupes de plus de 1 000 salariés où 60 % des salariés ont plus de 10 ans d’ancienneté.

45 % des entreprises de 200 à 499 salariés enregistrent une progression de leurs effectifs.

Bilan du Leem sur l’emploi – février 2017

La réforme structurelle de la visite médicale qui a fait fondre ses effectifs de moitié entre 2004 et 2015 est aujourd’hui compensée par une politique volontariste de l’apprentissage. Un engagement fort de la profession qui passe par 1 700 contrats de génération d’ores et déjà signés avec les partenaires sociaux. Plus de 5 000 contrats de ce type, dédiés au maintien en emploi des seniors, à l’insertion durable de jeunes et à la transmission de compétences, pourraient même être conclus d’ici 2022.

Cette bataille pour l’emploi engagée par le Leem prévoit par exemple d’augmenter de 30 % les recrutements des jeunes de moins de 30 ans d’ici trois ans. Cette dynamique de recrutement concerne aussi les seniors, qui représentaient 29,3 % des effectifs en 2015. Enfin, la politique d’intégration des salariés en situation de handicap à travers HandiEm a permis de doubler ces recrutements depuis 2009 et près de 1 000 contrats de travail ont été signés avec des collaborateurs en 2015.

Nouvelle vague de recrutements

Malgré un climat économique incertain, la confiance s’installe de nouveau ce qui permet à l’industrie pharmaceutique de renouer avec des recrutements certes moins nombreux, mais à long terme. Parmi les 9 950 emplois créés dans ce secteur en 2015, soulignons que le tiers concernait des contrats à durée indéterminée. C’est près de 2 000 CDI de moins par rapport à 2014. À cette baisse correspond l’augmentation des contrats à durée déterminée qui représentent désormais 31 % des recrutements et la signature d’autres contrats y compris de stages pour 35 % d’entre eux.

■ 3e secteur industriel en France

■ 9 950 emplois créés en 2015, dont 34 % en CDI

■ Les employés sont âgés de 43 ans en moyenne

■ 8,4 % de salariés ont moins de 30 ans

■ Près de 30 % des salariés ont 50 ans et plus

■ Plus de 57 % des salariés sont des femmes

■ Salaire moyen : 3 813 €/mois en augmentation de 0,7 % par rapport à 2014

Ce mouvement accompagne l’évolution des compétences à tous les postes clés des laboratoires. De nouvelles opportunités se présentent dans les activités de production, promotion, recherche et développement où les jeunes diplômés comme l’expertise des seniors restent très recherchés. En effet, l’âge moyen des salariés continue d’augmenter tous les ans de trois ans, pour atteindre 43,5 ans en 2015. Il convient donc d’assurer la relève et sans surprise de nouvelles opportunités vont se présenter dans les années qui viennent, notamment dans quatre principales régions en France où l’industrie pharmaceutique reste fortement implantée. Près de 76 % des effectifs sont désormais concentrés en Île-de-France, en Auvergne Rhône-Alpes, en Normandie et dans le Centre-Val de Loire.

La situation de l’emploi se stabilise dans l’industrie pharmaceutique. Avec 11 270 embauches enregistrées en 2017, la création d’emplois dans le secteur est en légère augmentation. Ce secteur occupe une place de premier plan dans l’industrie française, rassemblant 3 % des emplois industriels, parmi lesquels 90 % de CDI. Des emplois qui se féminisent et dont le niveau de qualification ne cesse de progresser dans toutes les familles de métiers.

■ 4e secteur industriel en France

■ 98 694 salariés en 2017

■ 88 % de CDI

■ 57 % de femmes

■ 5850 stagiaires, apprentis et contrats de professionnalisation

■ 41,6 % ont plus de 15 ans d’ancienneté

La filière des Industries et Technologies de Santé regroupe désormais en France 3 100 entreprises qui totalisent aujourd’hui environ 455 000 emplois directs et associés, et réalisent environ 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 35,6 milliards d’euros à l’exportation. Un secteur industriel en plein essor qui fait de plus en plus appel à la formation pour développer les compétences. Une perspective d’évolution des métiers qui a notamment conduit à la création d’un campus accélérateur dans le domaine des biotech et du digital et au lancement d’un engagement de développement de l’emploi et des compétences conclu avec l’État pour anticiper les mutations profondes attendues sur l’emploi dans le secteur dans les années qui viennent.

Au moment où ce secteur industriel global peine à se renouveler, le marché pharmaceutique tire son épingle du jeu. Les cadres en sont, d’ailleurs, les premiers bénéficiaires. Plus de 50 % des salariés des entreprises du médicament appartiennent aux catégories supérieures à 6 dans notre grille de classification, équivalent à la notion de cadres, contre 20 % dans l’industrie en général, selon le Leem.

Un secteur plus féminin et plus rémunérateur

Qui plus est, le secteur est relativement féminin puisque près de 60 % des femmes appartiennent à cette même catégorie de cadres. Le salaire médian s’établit à 3 200 euros brut toutes catégories confondues alors que le salaire moyen atteint lui 3 930 euros. Une tendance à la hausse qui montre que les entreprises du secteur savent retenir les bons profils et rendre les rémunérations attractives pour fidéliser leurs collaborateurs.

Recours à l’intérim reste élevé sur les activités de production

Le recours à l’intérim bénéficie de l’orientation plus favorable de la conjoncture en 2017. Il est en outre plus intensif dans les établissements de production atteignant 8,8 %, plus modeste dans les activités de R&D et les sites spécialisés dans des activités de distribution.

Un niveau d’étude exigé plus élevé qu’ailleurs

En revanche, les entreprises recrutent de plus en plus tardivement. Autour de 34 ans selon les derniers chiffres du Leem. Les industriels recherchent aussi des profils plus expérimentés. Une quête d’abord de profils scientifiques (médecine, master en sciences, pharmacien ou bien encore ingénieur) et qui ont déjà une première expérience de travail. Des parcours étroitement liés aux études, expliquant que la moyenne d’âge des salariés se situe désormais à 43 ans. Résultat, le taux de recrutement y reste important, analyse le Leem. Parmi ces cadres, un peu plus de 20 % deviennent managers.