Le 2e Observatoire européen sur l’automédication en 2013 réalisé par Celtipharm pour le compte de l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) note un recul du marché en France par rapport à une croissance dynamique dans la plupart des pays européens.
Poids et perspectives du secteur
Des chiffres en baisse pour le marché français, tel est le constat du 2e Baromètre européen présenté en juin 2014 par l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). Si les ventes totales des médicaments d’automédication affichent 2 123 milliards d’euros en 2013, celles-ci ont baissé de 3 % par rapport à 2012. « Et cette baisse progressera à 3,8 % en 2014 », précise François Derré, directeur associé de Celtipharm. La part de marché de l’automédication en France est de 15,7 % contre une moyenne européenne de 25,7 %. Un marché très à la traîne par rapport à celui de ses cousins suédois (42,2 %) ou allemands (39,7 %).
Effectivement, les Français dépensent moins de médicaments sans ordonnance que les autres Européens : 32,4 euros contre 42,4. Pourtant, le prix moyen en France, pour ces médicaments, est inférieur à la moyenne européenne (4,5 euros contre 6 euros).
C’est la première fois depuis 5 ans que le marché est en récession et fragilisé. Cette situation inédite en 2013 s’explique par la baisse du trafic en officine, entraînant une baisse importante des volumes (sur les produits OTC). Une baisse couplée à une hausse des consultations chez le médecin généraliste suite à une très forte épidémie de grippe qui a entraîné des prescriptions avec une augmentation de 14,1 % des ordonnances aspirine-paracétamol-ibuprofène et, corrélativement, la diminution de 3,8 % du nombre de tickets hors prescription de ces trois médicaments.
Potentiel du marché
Selon l’Afipa, cette situation de grand retard ne peut que s’accentuer sans des mesures pragmatiques, qui tardent à venir alors qu’il existe un potentiel de développement important. Le « délistage », soit le passage d’une prescription médicale obligatoire à une prescription facultative qui permet la vente libre en pharmacie, serait la première mesure à prendre pour développer le marché. Cela pourrait concerner dans un premier temps les médicaments contre la rhinite allergique, la conjonctivite allergique, l’acné mixte ou le mal des transports que l’on trouve facilement en vente libre dans des pays européens.
En outre, l’atout français est le prix relativement faible de ces médicaments, inférieur à ceux des pays européens.
Pour Pascal Brossard, Président de l’Afipa : « Ce coup d’arrêt pour les médicaments d’automédication représente un réel danger pour l’organisation et l’efficience du système de soins, tant en termes de coût pour la Sécurité Sociale que de surcharge de travail pour les médecins généralistes. Par conséquent, le soutien des pouvoirs publics et la mise en place rapide d’actions pragmatiques, par l’intermédiaire notamment des travaux engagés dans le cadre du Conseil stratégique de filière, sont plus que jamais nécessaires et indispensables. L’élargissement de la liste des produits disponibles en automédication, une meilleure information du patient ou encore une formation adaptée des professionnels de santé apparaissent notamment prioritaires pour garantir le développement de l’automédication responsable sur le territoire et le rattrapage du retard français par rapport aux autres pays européens. »
Tendance du marché
On assiste à une concentration forte du marché autour de marques leaders. Un top 10 des laboratoires se partage 60,5 % du marché en 2013 en hausse de 5 % depuis 2009. Quant aux segments thérapeutiques, ils enregistrent tous une diminution de croissance jusqu’à - 5,2 % pour les médicaments concernant les voies digestives. Les maladies des voies respiratoires représentent un quart des ventes d’automédication. Les parents pauvres sont les sédatifs et les tranquillisants, les médicaments anti-tabac et l’homéopathie.
Chiffres-clés
- 16 170 pharmacies ont un espace libre-accès (72 %) en 2014 contre 1 000 en 2008 (3 %)
- Médicaments sans ordonnance : 2 123 milliards pour 465 milliards d'unités
- Médicaments à prescription obligatoire : 25 741 milliards d'euros pour 2 499 milliards d'unités